1er décembre 1907 : Métro et rêve de gosse

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Le chemin de fer métropolitain en construction

J’ai parfois des joies de gosse.

Je rêve de monter dans le métro qui passe, pour le première fois cette année,  sous la Seine, à Châtelet.

Etre dans un wagon, sous terre, avec des tonnes d’eau au dessus de la tête ! Un gamin, je vous dis.

En attendant, l’oeuvre de notre Fulgence Bienvenüe, ce populaire polytechnicien, père du chemin de fer souterrain, se révèle très utile.

Les conditions de circulation en surface n’ont jamais été aussi mauvaises. Je pensais que les élus de la Ville ou l’Etat se renverraient la balle indéfiniment pour savoir qui ferait « quoi » et « comment » par rapport à ces pertes de temps qui exaspèrent les parisiens.

Les projets de métro se sont succédés tout au long de la fin du siècle dernier :

– Il y avait les tenants du « tout souterrain » et ceux qui se battaient pour des voies en surface. Les arguments de santé publique, de sécurité voire d’esthétique, appuyaient chacune des deux thèses ;

– les uns voulaient relier les gares, les autres préféraient des arrêts fréquents.

Au bout d’un moment, tout ce petit monde a fini par se mettre d’accord. Il fallait bien exposer une réalisation pour l’Exposition universelle de 1900.

La France avait un peu de retard et d’autres grandes villes étaient passées avant Paris : Londres, Budapest, New York…

Mais, cela vaut la peine d’avoir attendu. Notre métro est neuf, tout électrifié.

Les voyageurs s’y pressent par centaines de milliers.

Et 1907 arrive. Le métro passe sous la Seine. Prouesse technique saluée par la presse.

L’homme qui n’a plus de bras gauche, M. Bienvenüe, peut être fier de son ouvrage.

La Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain de Paris devient progressivement un symbole de notre capitale, au même titre que la Tour de M. Eiffel.

30 novembre 1907 : Le calvaire du ministre des finances Caillaux

 Joseph Caillaux.jpg Joseph Caillaux

Voilà un dossier dont je suis content de ne pas m’occuper : Le projet de mise en place de l’impôt sur le revenu.

Mon patron suit cela de loin et laisse le ministre des finances, Joseph Caillaux, à la manoeuvre.

Si cela passe au Parlement, nous aurons un système fiscal modernisé et plus juste. Les « quatre vieilles » issues du Directoire – contribution foncière, impôt sur les portes et fenêtres, contribution mobilière et patente -ainsi que la contribution sur le revenu des valeurs mobilières, seraient remplacées par un impôt sur tous les revenus.

La taxe serait fixe, de 3 % sur tous les revenus du travail et de 4 % sur les revenus du capital.

Ceux qui gagnent bien leur vie paieraient un impôt complémentaire par tranche de revenu.

Bref, les gros salaires ne seraient plus exonérés et la rente d’Etat ne passerait plus à travers les mailles du filet.

C’est clair, c’est équitable, c’est moderne…

Et pourtant !

Que de débats à la Chambre et au Sénat ! Le mot « impôt » est, pour certains, un « gros mot » en soi. D’autres font leurs calculs et constatent qu’ils y perdent. Leurs protestations n’en sont que plus vives.

Quant à ceux qui gagnent à la mise en place de cette réforme, ils restent bien silencieux.

Joseph Caillaux n’a donc que des oppositions à son projet.

Cela affaiblit cet homme intelligent, ancien inspecteur des finances, brillant professeur à l’Ecole libre des  sciences politiques, qui pourrait devenir un redoutable concurrent de mon ministre.

A la réflexion, « être ministre de l’intérieur », cela mène plus sûrement en haut du cocotier !

29 novembre 1907 : Zeppelin et la puissante Allemagne

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Le premier vol d’un Zeppelin, en 1900, est suivi par de nombreux succès à partir de 1907

Nouvelle preuve de la puissance de notre voisin.

Les dirigeables et autres appareils volants plus légers que l’air commencent à faire leur preuve grâce à la persévérance du comte Ferdinand von Zeppelin.

Ce général et ingénieur construit des appareils massifs, solides qui pourront sans doute un jour transporter des passagers civils… ou militaires.

C’est sur ce dernier point que notre pays devrait rester vigilant.

Grâce aux frères Tissandier, nous avions su construire le premier dirigeable – « La France »  –  capable de revenir à son point de départ. C’était il y a plus de vingt ans.

Plus récemment, Alberto Santos Dumont a réussi un aller-retour entre Saint Cloud et la Tour Eiffel.

Pour autant, ces initiatives qui déclenchent un accueil enthousiaste du grand public, ne sont pas soutenues comme il le faudrait par l’Etat et notamment l’armée.

Connaissant un peu M. Santos Dumont, je sais que cela serait terrible pour lui que ses inventions (il construit maintenant des aéroplanes biplans plus lourds que l’air) soient reprises dans un cadre militaire et puisse devenir des appareils de destruction.

Pour autant, notre pays ne doit pas se laisser distancer par l’Allemagne.

Avec les Zeppelin, nous avons un concentré du savoir-faire germanique. Le Comte a une fortune personnelle qui lui permet de conduire ses recherches. Le grand public aide à financer par la mise en place…d’une loterie.

L’armée allemande, dont le comte a été l’un des officiers supérieurs, est attentive aux progrès enregistrés et envisage d’acheter les premiers modèles industriels.

Lorsque nous voyons ces Zeppelin, énormes masses, avancer dans le ciel, nous ne pouvons qu’être impressionnés.

Ne laissons pas les Allemands progresser seuls…

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