21 octobre 1907 : Libérez-nous du Paris de M. HAUSSMANN!

 po20071014_0105.1192387906.JPG

Le célèbre Préfet Haussmann a certes permis l’éclosion d’un Paris plus aéré, avec des rues et des avenues dégagées. Les vieilles maisons insalubres ont été détruites au profit d’immeubles robustes avec des appartements plus habitables.

Mais le résultat esthétique n’est pas toujours à la hauteur. Les façades se ressemblent toutes, l’ennui guette l’observateur de ces nouveaux ensembles sans âmes, faits pour la spéculation immobilière mais éloignant les architectes originaux.

Au début de ce nouveau vingtième siècle, la tendance commence heureusement à s’inverser.

La Ville de Paris, imitant en cela la capitale belge, a lancé le « concours des façades » depuis 1898. Elle incite à plus de recherche, plus d’originalité de la part des promoteurs et architectes.

Le progrès technique favorise aussi l’émergence de nouveaux bâtiments étonnants. Par exemple, l’ascenceur se généralise et les étages du haut ne sont plus réservés au plus pauvres.

En outre, un décret de 1902 libère les inventions pour les parties hautes des immeubles.

Les résultats de ces efforts convergents ne se font pas attendre et j’ai pu observer de forts belles constructions dans le 16ème arrondissement.

Je vous livre un exemple observé avenue Victor Hugo. L’architecte Charles Plumet nous propose un Art nouveau inspiré – très librement – du Gothique.

Nous allons rechercher un nouvel appartement dans un immeuble de ce style…peut-être celui-là? J’ai commencé ce jour à discuter avec le concierge pour savoir ce qui pouvait se libérer.

po20071014_0112.1192388482.JPG

13 octobre 1907: Rencontre avec Ambroise Vollard

Portrait d'Ambroise Vollard, Paul Cézanne, 1899.

Lors de ses promenades, mon épouse a repéré, rue Laffite, la galerie d’Ambroise Vollard, marchand d’art.

Nous y sommes retournés ensemble. Le mélange des artistes exposés est habile. Des artistes en vogue comme Maurin ou Bernard côtoient des inconnus comme Picasso, Matisse ou Vlaminck.

Mis à part les Cézanne que j’ai encore un peu de mal à apprécier (je progresse cependant), je découvre avec joie ces nouveaux talents.

En fait, au delà de la galerie proprement dit, c’est tout un univers qui s’ouvre à nous: Les artistes les plus anciens conseillent Ambroise Vollard qui a un vrai flair pour repérer des peintres de talent.

M. Vollard a des relations commerciales avec les galeries et marchands des autres grands pays européens: Angleterre (international Gallery de Knightbridge de Londres) mais aussi Allemagne (Munich, Berlin) et Autriche.

J’espère que nous serons bientôt invités lors des dîners qu’organise M. Vollard, dans une cave -et oui! – rue Laffite. S’y côtoient ceux qui percent dans l’art de notre époque…et la cuisine -coloniale – y est bonne. Si nous avons de la chance, nous pourrons y croiser Renoir!

12 octobre 1907: Le cinématographe

 Affiche de publicité pour le Cinématographe Lumière

Pendant mes heures de travail, mon épouse rencontre nos amis et relations. Elle le fait chez nous, un jour par semaine et le reste du temps, c’est elle qui se déplace chez nos différentes connaissances. Ces rencontres peuvent être ennuyeuses…mais tant que je travaille aussi près du ministre, nous ne pouvons nous permettre de nous couper de membres éminents de la bonne société parisienne.

Heureusement pour elle, ma femme peut aussi se détendre en découvrant cette attraction très nouvelle qu’est le cinématographe.

Dans les sous sols de cafés parisiens à la mode, elle assiste dès qu’elle le peut, à des séances impressionnantes où une « lampe magique » projette sur un drap blanc des images très réalistes de trains arrivant en gare (« on a l’impression que la locomotive fonce sur les spectateurs » m’a t’elle dit effrayée et… ravie) ou amusantes d’arroseurs se faisant eux-même arroser.

J’ai hâte de me rendre moi-aussi à ces séances avant que cette attraction, sans doute sans lendemain, disparaisse.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑