15 janvier 1908 : Des HBM en nombre insuffisant pour loger les plus modestes

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Van Gogh, « Maisons vues d’en bas »

 Le logement ouvrier reste un sujet de préoccupation du gouvernement. Trop nombreuses sont les familles pauvres qui vivent -à plusieurs – dans des taudis.

L’intimité de chacun n’y est pas respectée. Quant à l’hygiène, elle est rudimentaire. De nombreux quartiers de Paris ou d’autres grandes villes sont ainsi des foyers de propagation de la tuberculose.

Depuis la loi Siegfried de 1894 et la création des Habitations à Bon Marché (HBM), des facilités de crédit et des immunités fiscales sont accordées aux sociétés qui construisent des logements à loyers modestes.

Depuis deux ans, les communes et les départements peuvent directement investir dans le secteur HBM, qui doit maintenant respecter des normes strictes de salubrité.

« Pour autant, ai-je mis dans mon rapport pour le ministre, rédigé aujourd’hui, les avancées sont trop modestes.

Il est riche d’enseignement de comparer la vitesse de construction des immeubles post-haussmanniens parisiens ou l’éclosion de cités jardin comme Le Vésinet et la lenteur de l’essor des sociétés HBM.

Le monde ouvrier n’attire pas l’entrepreneur du bâtiment, persuadé qu’il ne pourra pas en tirer un quelconque profit.

L’intervention directe de l’Etat et surtout des municipalités se révèle indispensable. »

Pour reprendre une expression de M. Viviani, détenteur du portefeuille du tout nouveau ministère du travail, si nous n’agissons pas vigoureusement, les ouvriers resteront des  » nomades qui campent aux bords de la ville et de la société « .

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Le maire du Havre, Jules Siegfried, cherche à promouvoir, dans sa ville, l’habitat social. Il est l’auteur de la loi qui porte son nom sur les HBM.

21 octobre 1907 : Libérez-nous du Paris de M. HAUSSMANN!

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Le célèbre Préfet Haussmann a certes permis l’éclosion d’un Paris plus aéré, avec des rues et des avenues dégagées. Les vieilles maisons insalubres ont été détruites au profit d’immeubles robustes avec des appartements plus habitables.

Mais le résultat esthétique n’est pas toujours à la hauteur. Les façades se ressemblent toutes, l’ennui guette l’observateur de ces nouveaux ensembles sans âmes, faits pour la spéculation immobilière mais éloignant les architectes originaux.

Au début de ce nouveau vingtième siècle, la tendance commence heureusement à s’inverser.

La Ville de Paris, imitant en cela la capitale belge, a lancé le « concours des façades » depuis 1898. Elle incite à plus de recherche, plus d’originalité de la part des promoteurs et architectes.

Le progrès technique favorise aussi l’émergence de nouveaux bâtiments étonnants. Par exemple, l’ascenceur se généralise et les étages du haut ne sont plus réservés au plus pauvres.

En outre, un décret de 1902 libère les inventions pour les parties hautes des immeubles.

Les résultats de ces efforts convergents ne se font pas attendre et j’ai pu observer de forts belles constructions dans le 16ème arrondissement.

Je vous livre un exemple observé avenue Victor Hugo. L’architecte Charles Plumet nous propose un Art nouveau inspiré – très librement – du Gothique.

Nous allons rechercher un nouvel appartement dans un immeuble de ce style…peut-être celui-là? J’ai commencé ce jour à discuter avec le concierge pour savoir ce qui pouvait se libérer.

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