25 octobre 1907: Le Lusitania obtient le Ruban Bleu

 

Les paquebots représentent un paradoxe. Ils sont de plus en plus rapides et pourtant, le temps s’y écoule toujours aussi lentement lorsque l’on est à bord.

Traverser l’Atlantique reste long: Une semaine environ. Les aménagements des bateaux se calquent progressivement sur celui des grands hôtels et les passagers peuvent se distraire plus facilement qu’il y a vingt ans. Il y a des salons de lecture, une salle de bal, une bibliothèque, des lieux pour écrire sa correspondance, des bar à l’américaine et jardins d’hiver…

En ce mois d’octobre, les anglais viennent de ravir le Ruban bleu (record de traversée de l’Atlantique) aux allemands qui le détenaient depuis plus de dix ans.

Le Lusitania s’élance sur les flots avec des pointes qui peuvent dépasser 45 km/h.

J’espère un jour aller en Amérique dans l’une de ses premières classes huppées, lors d’un voyage professionnel (avec mes propres moyens, cela serait hors de portée).

On m’explique qu’il faut retenir sa place dans la luxueuse salle à manger, non loin de la table du commandant, plusieurs mois avant le départ!

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24 octobre 1907: Louis Renault, vivre pour l’automobile

Voiturette Renault Type D Série B de 1901

Un déjeuner d’affaire avec quelqu’un qui ira loin: Louis Renault, 30 ans, installé à Boulogne-Billancourt.

Ce dernier est à la tête d’une société qui prend de l’ampleur -près de 2 000 ouvriers – et qui construit des automobiles moins chères qu’ailleurs, plus légères, moins luxueuses que d’autres… mais pas forcément moins fiables.

Il a des idées plein la tête comme le fait de lancer des véhicules équipés d’un compteur qui indique le prix de la course (appelé taximètre), conduits par un chauffeur que l’on peut héler dans la rue, pour être transporté d’un point à un autre, en ville.

Il a aussi un vrai sens commercial: il a déjà ouvert une filiale en Allemagne et une autre en Angleterre. Il se fait aussi remarquer au Grand Prix de l’Automobile club de France

Va-t’il rattraper un jour le premier constructeur français, Peugeot?

En attendant, il a déjà dépassé la myriade de petits constructeurs et assembleurs d’automobiles français. Il construit pour des clients comme moi, sans fortune, mais avec quelques moyens cependant.

Je suis sûr que la police et l’armée auront un jour besoin de ses services.

A suivre…

22 octobre 1907: Stolypine et nos alliés russes

La cathédrale Saint-Basile.

Quand je lis la presse de ce soir, je ne sais quoi penser de nos alliés russes.

Le Premier ministre Stolypine semble avoir une fermeté propre à ramener le calme dans le pays qui ne déplairait pas à G. Clémenceau.

Les réformes agraires qui visent à faire émerger une classe importante de paysans aisés et propriétaires vont dans le bon sens. Le mot d’ordre du gouvernement –  « il ne faut pas encourager les paresseux et les ivrognes mais les forts et les entreprenants  » – a le mérite de la clarté.

Pour autant, je reste réservé par rapport à un ministère Stolypine qui semble sourd aux aspirations de la classe ouvrière et qui n’a guère de propositions à faire vis à vis de syndicats qui se renforcent et se radicalisent peu à peu.

Le contrôle étroit des partis révolutionnaires et des syndicats n’a d’avenir que si des lois sociales montrent, en contrepartie, au peuple, que le Salut peut aussi venir de la monarchie.

Ce qui me choque reste le sort réservé au parlement, la Douma, qui n’a rien d’une chambre libre depuis juin et ne comprend plus que des éléments conservateurs.

il n’y a donc pas de contrepoids au pouvoir de la police tsariste et le peuple n’est guère représenté pour le vote des lois.

Notre allié russe est loin des idées républicaines qui font maintenant l’objet d’un quasi consensus en France. Si de nouveaux troubles devaient éclater en Russie comme en 1905, notre pays aurait du mal à justifier, vis à vis de l’opinion, son soutien à un régime aussi autoritaire.

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