11 décembre 1907 : R. Kipling, prix Nobel de littérature

 Jungle book 1894.jpg 

Une des premières éditions du Livre de la Jungle

Par l’attribution du prix Nobel de littérature à Rudyard Kipling, l’académie suédoise consacre un grand écrivain, qui sait faire revivre pour nous ses rêves d’enfants. On ne peut qu’apprécier ce francophile, grand fumeur de pipes, qui a lu et relu Jules Verne.

Ses écrits nous plongent dans ce monde indien qu’il admire profondément ou dans la jungle obscure où l’on accepte de se faire guider par sa plume alerte.

Nous avons tous en tête  » Le Livre  de la Jungle « , recueil de contes animaliers et anthropomorphiques où le petit Mowgli, enfant élevé par des loups au milieu des bêtes sauvages rejoint finalement le monde des humains.

Quelques réflexions sur ce prix Nobel :

– Pour la première fois, c’est un écrivain anglo-saxon qui est élu; doit-on y voir un signe des temps et la confirmation de la suprématie de la culture britannique ou américaine (le Livre de la Jungle a été écrit lorsque Kipling séjournait aux USA) ?

– le succès des livres de Kipling reflète notre attirance grandissante pour un monde primitif jugé rude mais pur ou pour des colonies rêvées, bien éloignées de celles que nous pouvons connaître ; autrement dit, Kipling aime nous dépayser, nous plonger dans une société dont la culture nous échappe et dans un univers éloigné de la vie urbaine occidentale ;

– le Livre de la Jungle marque notre intérêt pour la nature mais aussi la relation difficile que nous avons avec elle : Braconnage, coupe massive des arbres, cruauté humaine envers les animaux ;

– je ne suis pas sûr d’être d’accord avec Kipling quand il écrit : La colonisation des « peuples agités et sauvages » est le « fardeau de l’homme blanc » ; quand je lis ses livres où transparaît une grande admiration pour l’Inde et une vraie identification au peuple indien, je me demande si cet écrivain populaire est, en fait, aussi impérialiste que certains de ses propos ne le laissent penser. Il rêve de colonies… mais pas celles qui existent et garde un vrai respect pour les peuples de ces territoires ;

– Kipling qui a eu une enfance malheureuse quand sa famille qui vivait en Inde l’a envoyé parfaire son éducation en Angleterre, sait trouver les mots justes pour ravir nos chères têtes blondes ; le regret d’une enfance qu’il n’a jamais eu, lui donne une force immense pour écrire des romans inventifs, attachants, qui bercent et raviront encore longtemps des millions d’enfants de tous les continents.

Chapeau bas, Sir Kipling !

Rudyard Kipling.jpg Rudyard Kipling

Un commentaire sur “11 décembre 1907 : R. Kipling, prix Nobel de littérature

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  1. L’inconvénient du livre phare, c’est comme pour l’amour de Léopoldine, c’est que les autres peinent à trouver leur place.
    Très récemment, doutant vivement de l’intérêt à poursuivre sans lui, sans même de tombe ( je ne savais pas alors la crémation ) où glisser trois graines infimes mais têtues, je songeais au grand rangement, entrepris depuis.
    Puis dans le cabinet d’attente, le même que celui du bonheur fou, tanké depuis, ai ouvert au hasard de Kipling un recueil de nouvelles intitulé Une vie gaspillée. Ai trouvé alors l’histoire de celui qui prend tellement au sérieux les salamalecs inhérents à la vie des colons en Inde qu’il s’est donné la mort.
    Et l’oubli qui s’ensuivit.
    Sauf de sa mère qui se désole.
    Cela me fut une leçon d’humilité.

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