21 septembre 1910 : Le ministre qui fait peur au Président

Partie de chasse hier avec le Président de la République Armand Fallières. La presse est tenue à l’écart, il fait beau, l’air est doux, nous sommes bien entre nous en forêt de Rambouillet.

Le chef de l’Etat arme son lourd fusil à deux coups. Avec un sourire, il se penche alors vers mon patron Aristide Briand, à la fois Président du Conseil et ministre de l’Intérieur en lui glissant à mi-voix, enjoué : « Cher ami, vous savez que j’ignore où j’ai bien pu mettre mon permis de chasse ! ».

Briand lui répond sur un ton étonnamment froid : « Monsieur le Président, voilà qui est tout à fait fâcheux. » Le sourire de Fallières se fige un peu, il se demande si son ministre plaisante. Ce dernier, d’un ton habitué à commander, se tourne alors vers le garde général et lui demande à haute voix – en temps que ministre de l’Intérieur – de contrôler tous les permis de chasse de l’assistance.

Fallières pâlit : le chef de l’Etat tremble comme un enfant pris la main dans le pot de confiture. il voudrait disparaître sous terre.

Dans un grand éclat de rire, Briand le rassure avant qu’il ne devienne totalement blême : « Mais monsieur le Président, pour cette fois, ça ira ! «

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Briand, un humour pince sans rire…

Pour voir une vidéo avec Aristide Briand et Armand Fallières dans d’autres aventures…. Rejoignez le groupe des amis du site « Il y a un siècle » !

19 et 20 septembre 1910 : Trouville coquin

Le bain de mer devient coquin. Nous passons ce « week-end » (pour reprendre le nouveau mot anglais à la mode) à Trouville.

Tout a changé par rapport à la station balnéaire chic et sage de mon enfance. Le train de Paris y arrive vraiment plus vite et surtout, on commence à voir – ou plutôt deviner – des peaux nues et des corps !

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Trouville 1910

Les cabines de plages qui arrêtaient le regard laissent progressivement la place à des demoiselles assises dans le sable avec des jupes ou robes beaucoup plus légères qu’autrefois et de jeunes messieurs habillés d’un simple maillot imité du costume de l’Ecole de natation du Pont-Neuf de Paris : on leur voit les bras et le bas des jambes. Ce n’est pas la tenue la plus répandue mais elle devient majoritaire chez les jeunes gens.

Avec ma femme, nous regardons, un peu amusés, les uns et les autres se laisser aller au « flirt », un peu à l’écart des familles établies et des gamins en tenue de petit marin. Nonchalance, oeillades un peu appuyées entre garçons et filles, longues promenades côte à côte sur le rivage, les pieds dans l’eau… A l’approche de l’automne, Trouville garde un parfum de printemps.

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Le Trouville des années 1900

Le club des amis du site « Il y a un siècle » vous tend les bras ! A voir, une vidéo extraordinaire de Buffalo-Bill…

18 septembre 1910 : Ce Matisse ne rentrera pas dans mon salon !

Il ne tiendra jamais dans le salon !

Ma collègue regarde le dernier Matisse « La Danse » avec une mine peu engageante. Rien ne lui va : trois couleurs seulement, une perspective bizarrement rendue, une simplicité des traits qui rappelle les dessins d’enfants.

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Elle lâche ironiquement avec une pointe de mépris :  » On dirait un peu du Gauguin ». Henri Matisse écoute la dame en restant de marbre.
En quelques mots, on critique un an de recherche et de travail dans son atelier d’Issy-les-Moulineaux.  Je suis atterré. J’aurais tellement aimé trouver un acheteur français pour cet ami. Au lieu de cela, ce sera encore un riche Américain ou un aristocrate russe qui emportera l’oeuvre chez lui, après le Salon d’automne et loin de nos regards trop conservateurs.

Matisse, le regard malicieux répond à ma collègue : « Chère Madame, la Danse ira orner la demeure de Monsieur Sergei Chtchoukine. Son hôtel particulier, rue Bolchoï Znamenski à Moscou, est plus grand que votre appartement de fonctionnaire et ma toile viendra revigorer ses hôtes dès qu’ils auront gravi les marches de son escalier monumental et auront atteint le premier étage. « 

Je repense à ce que Gustave Moreau disait d’Henri, son élève :  » Toi, tu seras le simplificateur de la peinture… »

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Le célèbre collectionneur russe Sergei Ivanovitch Chtchoukine

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