3 juillet 1908 : Que s’est-il réellement passé à Toungouska ?

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Toungouska : une météorite géante (?) percute la terre le 30 juin 1908 en Sibérie

Que s’est-il réellement passé à Toungouska en Sibérie ? 

« Le 30 juin, vers sept heures, une énorme boule de feu ( une météorite ?) a surgi dans le ciel et s’est abattue sur une région heureusement presque déserte de tout être humain. Le bruit de l’explosion a été entendu à Novonikolaïevsk mais aussi à Irkoursk, alors que les deux villes sont distantes de plus de 1500 kilomètres. Une lumière aveuglante a aussi été perçue sur plusieurs centaines de kilomètres. Enfin, les premiers témoignages évoquent des dégâts (arbres couchés, sol brûlé) sur une surface équivalente à la taille d’un département français. Des incendies se sont déclenchés et ne sont toujours pas éteints. » 

Le message de notre ambassade à Moscou confirme ce que nous lisons dans la presse. Cela est spectaculaire et inexpliqué. 

Nous n’expliquons pas non plus que les nuits soient particulièrement claires ces derniers jours à Paris comme à Londres. Des habitants de la capitale anglaise cités par le Times indiquent qu’ils arrivent à lire leur journal à minuit comme en plein jour. Ceci reste un peu exagéré mais c’est vrai que le ciel est particulièrement clair jusqu’à très tard dans la soirée et que le couché de soleil s’accompagne de nuages roses à forte luminosité. 

Voilà, j’ignore s’il y a le moindre lien entre les événements russes de Toungouska et nos nuits bizarrement plus lumineuses que d’habitude. Ces phénomènes ne m’empêchent pas de dormir mais mon esprit cartésien est un peu mis en échec.  

Aujourd’hui, je rencontre un ami diplomate russe. Je vais évoquer cette question avec lui. Il faudrait absolument qu’une expédition scientifique se rende sur les lieux de l’explosion, au fin fond de cette Sibérie inhabitée. Nous sommes plusieurs au bureau… brûlants d’en savoir plus.

1er mai 1908 : Le clin d’oeil de la dame en rouge

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Affiche de Jules Chéret

Etre plus vite en été, passer prestement de la fête du muguet du 1er mai à celle des fleurs d’une chaude journée d’août.

Se transporter par l’imagination d’une tradition – offrir un brin à clochettes – qui remonte à la Renaissance (le roi Charles IX en 1561 décida d’offrir chaque année aux dames de sa cour un peu de muguet) à une vraie fête populaire, reflet plus fidèle de notre belle époque.

Quitter les défilés syndicaux du 1er mai en faveur de la généralisation de la journée de huit heures, manifestations qui s’annoncent une fois de plus tendues (le Préfet Lépine redoute d’éventuels débordements à Paris) … pour une fête provinciale sans complexe et sans souci.

Rejoindre cette jolie jeune femme pimpante dans sa robe rouge vif, se laisser enivrer par les effluves des fleurs qu’elle distribue à des messieurs tombés sous son charme, reprendre encore un verre de vin de pays, chanter, danser, oublier les nuages.

Ne garder que la mémoire des plaisirs.

Une affiche de Jules Chéret fait revivre indéfiniment ce moment de joie d’un 10 août d’il y a bientôt vingt ans. Encadrée comme objet d’art en face de la table de travail, le regard se perd dans ce calendrier bizarre à date unique, dans cette année arrêtée au moment où les rires font pénétrer au plus profond de notre coeur quelques pincées de bonheur.

Mais l’heure tourne, les pétales des fleurs s’envolent, la calèche garée plus bas et oubliée un moment, reconduit des participants tous un peu soûls. Le sourire de la dame en rouge se fige.

La sonnerie du téléphone retentit. J’assure aujourd’hui la permanence du commandement au ministère de l’Intérieur. Le commissaire de police en ligne me transmet – « au nom du préfet, précise-t-il, solennel  » –  les premiers comptages de manifestants. Il me précise que M. Lépine rappellera dans une heure pour m’indiquer si les cortèges semblent ou non défiler dans le calme.

En attendant, fonctionnaire indispensable, garant de la sécurité de la République, unique représentant, ce jour, du Président du Conseil … mais désoeuvré dans un grand ministère vide, je guette, sans trop d’espoir, un clin d’oeil d’encouragement de la jeune femme pimpante en robe rouge.

3 avril 1908 : Vlaminck, tout Chatou

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 » La Seine à Chatou  » de Maurice de Vlaminck 1906

Une toile que j’aime beaucoup dans la galerie d’Ambroise Vollard.

Cette « Seine à Chatou » est le reflet du peintre attachant Maurice Vlaminck.

Autodidacte, fuyant les musées qui pourraient l’influencer, Vlaminck se fait tout seul. Il veut rester « pur ».

La couleur se forme aussi directement sur sa toile : il y projette le contenu des tubes sans mélange préalable.

Il aime les teintes vives et n’est pas surnommé « Fauve », par les critiques d’art, pour rien.

Pour ceux qui connaissent cette petite ville qu’est Chatou, le résultat ne manque pas d’intérêt. Nous retrouvons bien cette langueur, ce temps arrêté  d’un lieu suffisamment loin de Paris pour être au calme.

Le bateau vapeur du second plan fait escale. Son équipage est peut-être parti trinquer dans le même café qui accueille les propriétaires du petit voilier du premier plan.

Entre la rive la plus proche de Paris, urbanisée et industrielle d’une part et d’autre part Chatou, plus champêtre, coule une Seine paisible où les nuages cotonneux se reflètent fidèlement.

Paradoxalement, c’est  » Chatou la tranquille  » qui se pare des couleurs les plus vives et les plus crues. La rive d’en face se contente de teintes bleues nuit, vertes foncées.

Vlaminck le magicien éteint ainsi la grande cité bruyante, l’endore dans des blocs géométriques et sages. Le vapeur immobilisé se balance doucement et l’on oublie sa sirène et le bruit de ses chaudières.

Le peintre garde son énergie encore juvénile pour Chatou, traditionnellement calme, qu’il enflamme d’un rouge orange véhément. Le vent ne souffle que sur cette rive en tordant les arbres vers l’eau.

Le pont de l’arrière plan, vide, renforce la coupure et le contraste entre ces deux mondes et leurs ambiances opposées.

Cette petite ville  de Chatou qui abrite l’atelier de Vlaminck (et de son ami André Derain) déclenche chez lui une émotion marquée. Il y est heureux, son talent s’y épanouit.

Comme en remerciement de son bonheur, il fait don à ses habitants – comme à nous – de cette oeuvre sensible et généreuse.

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