21 mars 1908 : Vichy, un remède contre tout, sauf l’ennui

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Vichy, le Casino, le Parc des Sources

S’arrêter, se reposer, ne plus penser.

Une cure à Vichy. Des eaux de toutes les couleurs, des dames souriantes et prévenantes qui nous emplissent des verres gradués que nous transportons d’une pièce à l’autre dans des petits paniers en osier. On avance à pas comptés, on attend son tour, il fait bon, on discute à voix basse avec son voisin. On observe la coupole du Grand Etablissement Thermal qui rappelle le style byzantin. Le céramiste à la mode Alexandre Bigot l’a ornée de carreaux en émail bleu. C’est chic, c’est beau, 50 000 curistes par an apprécient ce style.

Des médecins nous écoutent gravement, longuement et nous conseillent tel ou tel soin. Nous sommes tous un peu malades mais rien d’inquiétant. Les différentes sources de la ville peuvent atténuer ces petites faiblesses du corps qui pourrait nous faire sentir que l’on vieillit. Mais non, le mal, les douleurs s’éloignent. Notre corps que nous prenons le temps d’écouter va déjà mieux.   

Le soir, l’Eden Théâtre, la Roseraie, l’Alcazar nous attendent. Le choix existe : des spectacles, le casino –  » le grand Casino » qui comprend même un opéra inauguré en 1903 – ou une promenade dans la ville éclairée puis un sommeil profond dans une ville où le temps s’est arrêté.

Depuis Napoléon III, les lieux font venir du beau monde. Les princes, les ducs, les banquiers et grands industriels de toute l’Europe se côtoient dans les thermes, échangent des informations sur leurs affaires, comparent les dernières rumeurs en cours dans les différentes capitales.

Au bout de quelques jours passés à Vichy, l’esprit cartésien arrive à la conclusion simple que la ville ne sert à rien. De l’eau, du jeu, des rencontres mondaines … rien de sérieux. Mais, ces moments de calme, cette quiétude, ces concerts où l’on arrive à l’heure tellement notre emploi du temps se vide, font un bien fou.

Une semaine, pas plus. Le Parisien ne peut pas arrêter sa course folle pendant une durée plus longue … sans mourir d’ennui.

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