12 février 1908 : Une République à bout de souffle ?

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Le Sénat, 1908

Il y a des moments où le découragement peut guetter. Certes, nous avons la chance de vivre dans une démocratie conquise pied à pied après le second Empire et la Commune, après un XIXème siècle où les révolutions conduisaient à des régimes autoritaires.

Pour autant, les collaborateurs de ministres comme moi peuvent légitimement s’impatienter devant les réformes qui n’aboutissent pas ou qui ne voient le jour qu’après des années et des années de débats parlementaires.

Penser qu’il a fallu près de quinze ans d’efforts pour valider le texte qui autorise la femme mariée à disposer librement de son salaire (loi du 13 juillet 1907) !

Et quelle succession d’obstacles il a fallu franchir pour que les salariés puissent tous profiter d’un repos hebdomadaire (loi du 13 juillet 1906 ) !

Combien de temps faudra-t-il au Parlement pour voter la loi sur les retraites ouvrières ? Je frémis quand je découvre que … même la CGT s’y oppose. Elle parle de « retraite pour les morts » : en raison de leurs conditions de travail pénibles, « les ouvriers meurent avant d’avoir pu profiter de cette retraite et donc engraissent l’Etat-voleur « , faut-il lire, en gardant son calme, dans la presse de ce syndicat.

L’impôt sur le revenu verra-t-il le jour avant que M. Caillaux, son ardent défenseur, ne meure de vieillesse ou de découragement ?

Le Sénat bloque tout. Ses membres se méfient de toute loi sociale forcément « coûteuse et inapplicable par les patrons ». Les conservateurs de tout poil proposent, par exemple, un « renvoi en Commission » qui constitue un moyen assez sûr d’enterrer un projet pendant un temps certain.

La Chambre ne peut pas faire passer tous les projets dans les lois de finances (que le Sénat ne peut contrer) et le gouvernement n’a pas toujours la force ou le courage, de faire pression sur les parlementaires récalcitrants.

République sclérosée, partis usés, discours politiques mille fois entendus …

Il paraît que la généralisation du tutoiement à la Chambre est un signe de dynamisme. C’est bien le seul !

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