21 septembre 1910 : Le ministre qui fait peur au Président

Partie de chasse hier avec le Président de la République Armand Fallières. La presse est tenue à l’écart, il fait beau, l’air est doux, nous sommes bien entre nous en forêt de Rambouillet.

Le chef de l’Etat arme son lourd fusil à deux coups. Avec un sourire, il se penche alors vers mon patron Aristide Briand, à la fois Président du Conseil et ministre de l’Intérieur en lui glissant à mi-voix, enjoué : « Cher ami, vous savez que j’ignore où j’ai bien pu mettre mon permis de chasse ! ».

Briand lui répond sur un ton étonnamment froid : « Monsieur le Président, voilà qui est tout à fait fâcheux. » Le sourire de Fallières se fige un peu, il se demande si son ministre plaisante. Ce dernier, d’un ton habitué à commander, se tourne alors vers le garde général et lui demande à haute voix – en temps que ministre de l’Intérieur – de contrôler tous les permis de chasse de l’assistance.

Fallières pâlit : le chef de l’Etat tremble comme un enfant pris la main dans le pot de confiture. il voudrait disparaître sous terre.

Dans un grand éclat de rire, Briand le rassure avant qu’il ne devienne totalement blême : « Mais monsieur le Président, pour cette fois, ça ira ! «

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Briand, un humour pince sans rire…

Pour voir une vidéo avec Aristide Briand et Armand Fallières dans d’autres aventures…. Rejoignez le groupe des amis du site « Il y a un siècle » !

2 commentaires sur “21 septembre 1910 : Le ministre qui fait peur au Président

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  1. Aristide Briand a sans doute besoin de ce détendre un peu. La dernière élection de mai-juin a beau lui avoir été plutôt favorable, le nouveau groupe parlementaire qu’il a formé avec Millerand, Viviani, Painlevé et De Monzie, le groupe républicain-socialiste, ne dispose en propre que de quelques dizaines de députés.

    Son gouvernement dépend donc toujours des bonnes dipositions de la masse parlementaire radicale (plus de 200 députés), qui surveille son comportement face aux revendications sociales qui se radicalisent de nouveau en ce début d’automne (bruits de grève dans les chemins de fer, refus par la CGT de la cotisation imposée pour les retraites ouvrières) et le maintien de sa politique de conciliation vis-à-vis de l’église catholique.

    La ligne de son groupe (et bientôt parti politique) qui se veut à la fois clairement socialiste, et « résolument réformiste » (donc non-marxiste contrairement au Parti socialiste unifié-SFIO, né en 1905) s’avère fort difficile à mettre en oeuvre au niveau gouvernemental, face d’un côté, au radicalisme de ses anciens amis politiques, comme Jaurès, et de l’autre, au conservatisme de fond de ses soutiens du moment.

    La tentation est donc grande pour lui, face aux difficultés montantes, d’abandonner sa pente naturelle qui le pousserait plutôt à être un « go-between’ entre forces opposées, pour appliquer une politique intransigeante, notamment en cas de grèves, ceci afin de passer pour un homme polique de fer. Mais n’est pas Clemenceau qui veut…..

    Bye

    Olivier Stable

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