» Toutes les danses sont peu ou prou inconvenantes ! Elles sont faites pour tourner les têtes et provoquer des sensations. Je ne vois pas pourquoi les évêques se focalisent tout à coup sur le « Tango ». Plus ils tentent de l’interdire, plus cela provoque de l’excitation et donne envie de le danser ! »
2 juin 1914 : De Gaulle, Pétain et les femmes
» Pour que nous soyons un peu considérés en ville, pour que l’on nous estime enfin, nous qui avons fait le choix de porter les armes, il faudrait, ni plus ni moins, une guerre… » Après ces propos désabusés, plein d’amertume sur la triste condition d’officier d’une armée de temps de paix, Charles de Gaulle quitte le fauteuil de l’invité de notre appartement du 8ème et déplie son mètre quatre-vingt-treize. Il visse son képi sur sa grosse tête au menton en avant, rajuste son ceinturon pourtant déjà bien serré, se regarde un instant d’un air un peu hautain dans la psyché de l’entrée et me précède pour une promenade au parc Monceau.
26 mai 1914 : Proust retrouvé
Le laisser patiemment se détendre, sortir de sa réserve ou de sa pose faussement nonchalante et ironique : je dois toujours faire un effort quand nous nous revoyons avec Marcel Proust. L’approcher comme un animal craintif, l’apprivoiser peu à peu. Plus jeune que moi de trois ans, je reste un repère pour lui, son confident occasionnel depuis le lycée Condorcet puis l’Ecole Libre de Science Politique où je guidais déjà ses pas.

11 mai 1914 : Jaurès parle
Il ne m’a jamais agacé comme il a pu prodigieusement énerver Clemenceau. Je suis attablé ce midi en face de Jean Jaurès. Nous nous sommes donnés rendez-vous pour boire un verre de vin au café du Croissant : l’occasion pour moi d’échanger et de refaire le monde avec un grand monsieur du socialisme, un défenseur des plus hautes valeurs de l’Homme, un pur qui ne triche jamais.
9 mai 1914 : » La République des Camarades «
» Mais qu’y trouve-t-on dans La République des Camarades ? » Robert de Jouvenel a pris place à côté de moi dans un dîner en ville et la lenteur du service me permet de l’interroger sur l’essai à succès qu’il vient de publier.
3 mai 1914 : Versailles, château de Pierre
« Ce qu’il y a de plus beau à Paris, c’est Versailles ! »
27 avril 1914 : un café à l’Elysée
Deux gendarmes m’ont apporté ce matin un nouveau billet me convoquant pour l’après-midi à l’Elysée. Le rendez-vous avec le président de la République était fixé à deux heures précises.
24 avril 1914 : partir pour l’Elysée ?
Hésitations dans la journée, brusques réveils nocturnes pour y repenser… Longues discussions avec ma femme qui ne sait trop quoi me conseiller….
En haut, Raymond Poincaré ; en bas, Gaston Doumergue. Auprès duquel dois-je travailler pour les prochaines années ?
21 avril 1914 : le moteur d’une ambition
» Il ne va tout de même pas faire marcher sa machine dans la journée !
– euh, eh bien, tu préfères la nuit ? »
La discussion avec ma femme sur l’avenir de Nicolas est animée. Nathalie a légitimement un peu de mal à digérer l’installation d’un moteur de Panhard Levassor dans la chambre de notre fils aîné Nicolas. Et de le voir plongé dans la mécanique automobile durant toute la sainte journée plutôt que de revoir ses cours de Condorcet pour réussir son baccalauréat, la crispe fortement.
13 avril 1914 : questions pressantes sur l’avenir de notre fils aîné
Ma femme sort de la chambre de notre fils aîné Nicolas, scandalisée. Elle remonte le couloir, entre dans le salon et se précipite vers moi, me demandant instamment de laisser tomber mon journal :













