7 août 1909 : F comme Film

Un spectacle de foire à l’origine de plus de 120 morts. On aurait pu imaginer baptême plus glorieux pour le cinématographe que ce terrible incendie du Bazar de la Charité causé par la défaillance d’une lampe de projection dans un lieu inadapté pour un tel spectacle.

La duchesse d’Alençon qui a perdu la vie dans cette catastrophe ne reconnaîtrait pas, douze après, ce qu’est devenu ce qu’il faut bien appeler un nouvel art. 300 salles en France, plus de 8000 aux Etats-Unis, me dit-on. Le cinématographe attire les foules et se transforme en industrie faisant vivre des dizaines de corps de métier.

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Le cinématographe, cet art progresse aussi vite que ce cheval au galop : le célèbre montage photographique de Eadweard Muybridge permet d’inventer et de construire le premier Kinétographe. Cet article est la suite de l’abécédaire sur notre époque, commandé par le journal Le Temps.

Les frères Pathé commencent à inonder la France et le reste du monde de merveilleuses bobines depuis leur usine et leurs studios de Chatou. Le rival qui monte, Léon Gaumont, apporte ses capitaux et son savoir faire depuis les studios Elgé et les Buttes Chaumont qui servent de décors extérieurs. Et j’oublie Georges Mélies, les frères Lumière, Alice Guy…

De l’autre côté de l’Atlantique, Thomas Edison augmente sa fortune en projetant ses propres films et ceux des autres. Son Kinétographe enregistre 12 images par tour de manivelle, soit 16 à 30 images par seconde. On projette le tout grâce au Kinétoscope qui permet à son inventeur de se bâtir un empire laissant peu de place à des concurrents.

Depuis dix ans, nous avons voyagé jusque dans la Lune (grâce à Méliès), nous avons regardé avec effroi l’Assassinat du Duc de Guise (Calmettes et Le Bargy), nous nous sommes recueillis après la Naissance, la Vie et la Mort du Christ (Alice Guy) après avoir été scandalisés par le Baiser de Juda (Armand Bour).

Les films explorent des mondes très différents : le comique (Gabriel Leuvielle commence à réaliser des sketchs très amusants sous le nom de Max Linder), la religion (la Bible est une source inépuisable d’inspiration), les grandes dates de l’Histoire ou les oeuvres littéraires incontournables. 

« Pathé Faits Divers » est la démonstration que l’actualité peut aussi être couverte par cet art qui devient de plus en plus complet.

Nous n’en sommes sans doute qu’aux débuts. De nouvelles forces montent comme une sève puissante : un certain William Selig profite du soleil de la Californie pour monter des studios neufs dans une petite cité qui vient d’être incorporée à Los Angeles : Hollywood. Dans cet endroit calme, il échappe à l’emprise du tout puissant Edison. David Griffith envisage de le rejoindre l’an prochain avec toute sa troupe d’acteurs et de techniciens.

« Let’s go » crie William Wright qui associe depuis cette année aéroplane et caméra. Nous pouvons ainsi le suivre dans ses exploits et l’accompagner pour une aventure extraordinaire au dessus de Pau avec les Pyrénées comme horizon.

 Les films des prochaines années n’ont pas fini de nous faire décoller : « let’s go! » 

2 commentaires sur “7 août 1909 : F comme Film

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